Ce dimanche 27 septembre 2026, les grands électeurs de l’Ariège choisiront leur représentant au Sénat parmi huit binômes. Ruralité, agriculture, services publics, santé et transition écologique figurent parmi les principaux enjeux défendus par les candidats.
Le dimanche 27 septembre 2026, les grands électeurs de l’Ariège choisiront le sénateur chargé de représenter le département au palais du Luxembourg pour les six prochaines années. Huit binômes se présentent, avec des propositions qui diffèrent sur l’agriculture, les services publics, la santé, l’économie et la transition écologique. Leur point commun : placer les réalités des communes et des territoires ariégeois au cœur de leur campagne.
Le scrutin mobilise des élus locaux réunis pour désigner leur représentant au Sénat. Dans ce département marqué par les reliefs, les bourgs ruraux et des enjeux d’accès aux services, les candidats défendent des approches parfois opposées. La place des communes, l’avenir agricole et le maintien des soins figurent parmi les thèmes récurrents.
Des priorités communes, des réponses différentes
Plusieurs listes insistent sur le besoin de rapprocher la décision publique des réalités locales. Certaines mettent en avant l’accompagnement des maires et la liberté d’action des communes, quand d’autres souhaitent transformer plus largement les institutions ou les modes de gouvernance. Les positions divergent également sur les règles nationales, l’organisation des intercommunalités et la manière de financer les projets locaux.
Les propositions économiques couvrent un large éventail de sujets : réindustrialisation, développement touristique, soutien aux commerces et aux filières agricoles. La santé constitue un autre enjeu partagé, avec des pistes allant de l’attractivité des jeunes médecins à la création de centres publics. Les candidats abordent aussi la préservation des écoles, la transition écologique et l’adaptation aux particularités de la montagne.
Les huit binômes et leurs propositions
Jérôme Azéma et Anne-Sophie Tribout : faciliter le travail des élus
Sans étiquette, Jérôme Azéma se présente comme un candidat indépendant des appareils politiques, attaché à une démarche de terrain. Il entend notamment répondre aux besoins des nombreux nouveaux maires du département. Son binôme souhaite mettre en place un appui juridique et administratif destiné aux élus locaux.
Kamel Chibli et Marie-Line Forneiron : défendre les services de proximité
Vice-président de la région Occitanie, Kamel Chibli affirme vouloir porter la voix de l’Ariège au Sénat avec disponibilité et détermination. Le candidat socialiste défend une fonction sénatoriale active, capable d’intervenir dans les débats plutôt que de s’en tenir à un rôle d’observation. Il présente aussi sa candidature comme rassembleuse, en s’appuyant sur sa connaissance des institutions.
Son programme met l’accent sur les finances communales et la préservation des services publics locaux. Il souhaite également soutenir l’accès aux soins, les circuits alimentaires de proximité et une agriculture adaptée aux enjeux environnementaux. L’avenir des écoles rurales, confrontées à la baisse de la population, fait partie de ses priorités, en lien avec la question du logement.
Capucine Dubroca-Voisin et Salomé Angrieu-Pattar : associer écologie et justice sociale
La candidate des Écologistes, chercheuse dans le domaine des mobilités durables et engagée dans le milieu associatif, défend un projet fondé sur la sobriété et la prospérité écologique. Sa campagne entend faire dialoguer les enjeux des montagnes avec ceux de la plaine. Elle veut aussi contribuer à rendre les débats environnementaux accessibles aux grands électeurs.
Face aux épisodes de chaleur et aux risques d’incendie, son programme met en avant l’adaptation au changement climatique. Elle souhaite mobiliser les pratiques locales pour construire des réponses qui préservent le bien-être collectif. Cette approche associe transformation écologique et attention portée aux conditions de vie.
Le binôme entend par ailleurs mieux représenter les petites communes dans les décisions nationales. La candidate plaide pour une institution sénatoriale plus féminisée et plus attentive aux territoires peu entendus. Elle souhaite inscrire la transition dans une démarche collective plutôt que dans une succession de mesures isolées.
Jean-Luc Fernandez et Delphine Massat : donner davantage de place au monde rural
Élu à Aleu et président de la fédération départementale de chasse, Jean-Luc Fernandez se présente sans étiquette. Il souhaite dépasser les divisions partisanes et placer les intérêts ariégeois au premier plan. La proximité avec les grands électeurs et la représentation du monde rural sont au centre de sa démarche.
Sur le volet sanitaire, il défend un meilleur accès aux soins dans les zones rurales, notamment par l’installation de généralistes et de spécialistes. Il estime que le désenclavement peut contribuer à renforcer l’attractivité des communes. L’accès aux services médicaux apparaît ainsi lié à la capacité de maintenir une population sur l’ensemble du territoire.
Le candidat met aussi en avant l’emploi et le développement économique local. Il souhaite faciliter le maintien des jeunes diplômés dans le département et réduire les écarts entre les campagnes et les grandes villes. Selon son orientation, les décisions nationales et européennes devraient davantage tenir compte des réalités rurales.
La lutte contre la cabanisation figure également parmi les thèmes annoncés. Cette question s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’urbanisme et l’évolution des villages. Le binôme veut défendre une représentation attentive aux besoins quotidiens des communes.
Jean-Marc Garnier et Bérengère Carrié : adapter les règles aux communes de montagne
Candidat du Rassemblement national, Jean-Marc Garnier affirme vouloir partir des besoins concrets du département. Il critique des réglementations qu’il juge trop éloignées des réalités locales et défend une plus grande marge de décision pour les maires. La ruralité constitue le fil conducteur de sa campagne.
Parmi ses propositions figure la création d’un fonds national d’investissement destiné aux communes de montagne. Il souhaite également que la faible densité et l’éloignement soient mieux pris en compte dans la répartition des investissements publics. Le coût administratif des normes ferait, selon lui, l’objet d’une évaluation renforcée.
Pour l’agriculture, son programme prévoit une simplification des démarches et des mesures visant à sécuriser les revenus. Il propose aussi la création d’un observatoire parlementaire consacré aux attaques de prédateurs sur les troupeaux. Ces propositions s’inscrivent dans une défense des activités agricoles locales.
Le binôme entend agir contre la dépopulation en renforçant l’attractivité du département. Il évoque notamment la relance industrielle dans les vallées, ainsi que le soutien aux filières agricoles et forestières. Le développement du numérique et l’amélioration des liaisons complètent les axes annoncés.
La campagne lie ainsi aménagement du territoire, activité économique et maintien des habitants. La liberté d’action des élus locaux reste un thème central dans les propositions de Jean-Marc Garnier. Son programme appelle à une prise en compte plus systématique des contraintes propres aux communes rurales.
François Lafon et Martine Crespo : renforcer le pouvoir des communes
Maire de Lercoul, François Lafon porte la candidature de La France insoumise. Historien et ancien conseiller ministériel, il défend une transformation institutionnelle et démocratique importante. Il souhaite replacer les communes au centre de la gouvernance locale et renforcer leur rôle dans les décisions.
Son programme aborde la gestion de l’eau et la protection des ressources naturelles. Il propose de préserver les nappes phréatiques et s’oppose à la privatisation de la ressource en eau. La souveraineté des ressources ariégeoises constitue un axe majeur de sa campagne.
Le candidat exprime également des réserves sur certains choix d’aménagement et leurs conséquences environnementales. Il critique notamment l’endettement lié au tourisme de neige et les effets des gravières sur les sols. Ces sujets sont présentés comme des enjeux de long terme pour le territoire.
François Lafon propose de structurer la gouvernance autour des bassins versants. La création de biorégions viserait à favoriser l’autonomie alimentaire et les circuits courts. Cette organisation donnerait davantage de place aux ressources et aux habitudes propres à chaque bassin de vie.
Il critique la prépondérance des intercommunalités, qu’il estime parfois éloignées des préoccupations quotidiennes. Son projet entend redonner des responsabilités aux maires et renforcer la démocratie directe. La commune y est envisagée comme un espace central de décision.
Cette orientation distingue le binôme par l’importance accordée aux institutions locales et à la maîtrise des ressources. Elle associe enjeux écologiques, organisation administrative et participation citoyenne. François Lafon défend ainsi une évolution profonde de la gouvernance ariégeoise.
Jean-Jacques Michau et Sylviane Lavedrine Goguillot : s’appuyer sur le bilan du sénateur sortant
Sénateur sortant, Jean-Jacques Michau sollicite un nouveau mandat sous l’étiquette divers gauche. Il met en avant son expérience et une méthode qu’il présente comme pragmatique. Son objectif déclaré est de soutenir les communes sans multiplier les promesses qu’il jugerait difficiles à tenir.
La défense des communes et le maintien des services publics occupent une place importante dans son programme. Il souhaite préserver le commerce de proximité et renforcer les moyens des pompiers comme des forces de l’ordre. Il plaide également pour davantage d’autonomie financière des collectivités face à la baisse des dotations.
Le candidat veut poursuivre les efforts en faveur de l’accès aux soins. Il évoque aussi la nécessité de conserver des classes et de soutenir l’apprentissage ainsi que l’enseignement supérieur. Ces propositions portent sur les services essentiels au quotidien et sur les perspectives offertes aux jeunes.
Le programme entend apporter un soutien aux agriculteurs, aux entreprises et aux artisans. La souveraineté énergétique, l’accès au logement et les transports figurent également parmi les sujets défendus. L’ensemble vise à accompagner à la fois l’activité économique et les évolutions du territoire.
La simplification des démarches administratives est un autre axe annoncé par le sénateur sortant. Il souhaite que les collectivités soient moins contraintes par l’accumulation de normes. Cette revendication rejoint son engagement en faveur d’une action communale plus autonome.
Son binôme présente le prochain mandat comme une prolongation d’un travail déjà engagé auprès des collectivités. Les propositions couvrent les services publics, l’éducation, la sécurité et l’économie locale. Le candidat met en avant la continuité et l’utilité de son action pour les communes ariégeoises.
La prévention et les moyens humains et matériels des services de secours sont également évoqués. Dans un département aux territoires variés, leur présence relève d’un enjeu de proximité. Le programme associe ces besoins à la défense des villes et villages.
Richard Moretto et Françoise Engler : agir sur l’industrie, l’éducation et le climat
Maire du Sautel, Richard Moretto conduit une liste du Parti communiste français avec Françoise Engler, ancienne élue locale et syndicaliste. Tous deux souhaitent représenter les différents espaces ariégeois, de la montagne à la plaine. Ils mettent en avant leur expérience et une présence directe auprès des grands électeurs.
Le binôme déplore la dispersion des forces de gauche et propose de consacrer son mandat à l’action de terrain. Il souhaite défendre les communes et mieux orienter les aides publiques vers des projets jugés utiles localement. Cette approche entend relier les décisions nationales aux besoins des habitants.
Sur l’industrie, Richard Moretto veut clarifier le dossier de la réouverture de la mine de Salau. Il défend également la filière papier-carton, importante dans le paysage économique évoqué par son programme. Ces enjeux sont présentés comme des leviers possibles d’activité pour le département.
La protection des forêts figure parmi les mesures environnementales avancées. Le candidat propose des chartes forestières communales et un plan climatique appelé « Empreinte 2050 ». Il souhaite ainsi inscrire l’action locale dans une perspective de transition à long terme.
En matière d’éducation, le binôme défend une revalorisation de la voie technique. Il se prononce contre la suppression de postes lorsque des classes sont moins chargées et plaide pour de meilleures conditions d’enseignement. Il propose également de faire évoluer l’organisation nationale de l’éducation.
Le programme comporte des mesures concernant la formation aux métiers de la santé. Il souhaite supprimer les quotas d’accès aux études de médecine et développer des centres de santé publics. La question de la démographie médicale est donc abordée à la fois par la formation et par l’offre de soins.
Le fléchage des financements publics vers les projets utiles aux territoires constitue un autre engagement du binôme. Cette proposition rejoint sa volonté de renforcer les services et les activités locales. Les aides seraient ainsi évaluées à partir de leur contribution concrète à la vie ariégeoise.
En réunissant enjeux industriels, forestiers, éducatifs et sanitaires, la liste défend un programme largement tourné vers l’action publique. Elle revendique une représentation de l’ensemble des territoires, plutôt que d’un seul bassin de vie. Les propositions de Richard Moretto et Françoise Engler articulent ainsi services collectifs et développement local.
EN BREF
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Huit binômes, des priorités distinctes pour l’Ariège
Le scrutin sénatorial du 27 septembre 2026 met en présence huit binômes et des propositions variées pour représenter l’Ariège au palais du Luxembourg. Les candidats accordent une place importante aux communes rurales, aux services publics de proximité, à l’accès aux soins et au soutien de l’agriculture. Plusieurs défendent aussi le désenclavement, l’emploi local et le maintien des jeunes dans le département.
Les approches diffèrent sur les moyens à privilégier. Certains insistent sur l’accompagnement des élus et l’assouplissement des normes, tandis que d’autres mettent en avant la transformation écologique, la démocratie locale ou le renforcement du rôle des communes. Les propositions concernent également l’école, les transports, l’industrie, le logement et la gestion des ressources naturelles.
Élus par les grands électeurs, les sénateurs participent à l’élaboration de la loi et représentent les collectivités territoriales. Les programmes placent ainsi au cœur de la campagne les réalités propres au territoire ariégeois et les choix à défendre auprès des institutions nationales.

